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Synthese de 2010-08-27
 
17.09.04 - TPIR/MILITAIRES - REYNTJENS MET UN BEMOL SUR LES ACCUSATIONS CONTRE «LE COLONEL DE L’APOC Version imprimable Suggérer par mail

Arusha, 16 septembre 2004 (FH)- Le professeur belge, Filip Reyntjens, a mis un bémol sur une partie des accusations retenues contre l’ancien directeur de cabinet au ministère rwandais de la défense, le colonel Théoneste Bagosora, jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Considéré comme l’un des meilleurs connaisseurs de la région des grands lacs africains, Filip Reyntjens a été cité comme témoin expert du procureur dans le procès du colonel Bagosora et de trois autres officiers de l’ancienne armée rwandaise poursuivis pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

«Je n’ai qu’une seule source et cette source est indirecte» a déclaré le professeur Reyntjens, interrogé par l’avocat du colonel Bagosora, Me Raphaël Constant (France/Martinique).

Le professeur belge a expliqué qu’il s’était toujours exprimé au conditionnel lorsqu’il devait commenter cette accusation. Le procureur du TPIR relève que entre 1992 et 1993, le colonel Théoneste Bagosora avait participé aux négociations d’Arusha qui visaient à terme le partage du pouvoir entre le gouvernement rwandais d’alors à dominante hutue et une rébellion essentiellement tutsie.

L’officier aurait manifesté ostensiblement son opposition aux concessions faites par le représentant du gouvernement au point de quitter la table des négociations. «Le colonel Bagosora a quitté Arusha en déclarant qu’il rentrait au Rwanda « pour préparer l’apocalypse», allègue le procureur, qui présente l’accusé comme le «cerveau» du génocide anti-tutsi de 1994 qui a fait près d’un million de morts, selon Kigali. Bagosora a été de ce fait souvent décrit dans les médias comme «le colonel de l’apocalypse»

«Cela a été dit mais je n’ai jamais fait de recherche sur ce point», a indiqué le professeur belge, déplorant «le vide» découlant de ce qu’aucune étude n’ait été menée sur le déroulement des négociations d’Arusha. «On ne sait pas qui a dit quoi, qui a fait quoi, qui a claqué la porte…», a reconnu le chercheur, s’accordant avec Me Constant sur un point : «il y a eu beaucoup de rumeurs non fondées, non prouvées.».

L’universitaire belge avait déclaré la veille que Bagosora aurait mis en place «la machine à tuer» au début du génocide. Me Constant entend démonter les arguments développés par l’expert.

Bagosora est jugé avec l’ancien responsable des opérations à l’Etat-major de l’armée, le général Gratien Kabiligi, l’ancien commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, ainsi que l’ancien commandant du bataillon para-commando de Kanombe à Kigali, le major Aloys Ntabakuze. Ils plaident non coupable.

Commencé le 2 avril 2002, ce procès dit «Militaires I» se déroule devant la première chambre de première instance présidée par le juge Norvégien Erik Mose, assisté du Russe Sergei Egorov et du Fidjien Jai Ram Reddy. C’est l’une des affaires les plus importantes dont le TPIR est saisi. Elle double celle dite «Militaires II» dans laquelle comparaîtront notamment les anciens chefs d’Etat major de l’armée, le général Augustin Bizimungu, et de la gendarmerie, le général Augustin Ndindiliyimana. Ce nouveau procès débute lundi prochain

AT/GF/FH (MLI’’0916A)