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Arusha, le 5 octobre 2004 (FH) Un témoin du parquet a affirmé mardi que les membres de l’ancien gouvernement rwandais et leurs familles s’étaient réfugiés à l’ambassade de France à Kigali aux premières heures des massacres d’avril 1994 parce qu'ils craignaient d'être tués par des rebelles.
Le témoin, Joseph Ngarambe, dépose devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) dans le procès de quatre anciens ministres du gouvernement intérimaire en place durant le génocide anti-tutsi de 1994.
Joseph Ngarambe était membre d’un parti d’opposition, le Parti social démocrate (PSD). Le témoin a indiqué qu’il s'était lui-même caché à l’ambassade de France au cours de la même période.
« Ferdinand Nahimana [haut fonctionnaire rwandais déjà condamné par le TPIR] m’a informé que la plupart des dirigeants avaient peur des commandos du FPR (Front patriotique rwandais), qui tuaient des membres du gouvernement », a rapporté Ngarambe.
Ce procès communément appelé « Gouvernement II » concerne les anciens ministres, de la santé Casimir Bizimungu, des affaires étrangères, Jérôme Bicamumpaka, du commerce, Justin Mugenzi et de la fonction publique, Prosper Mugiraneza. Ils répondent chacun de six chefs de génocide et de crimes contre l’humanité. Tous les accusés plaident non coupable.
Plusieurs fois consultant auprès du parquet du TPIR, Ngarambe a affirmé que des listes de Tutsis et de Hutus de l’opposition avaient été établies dans le but de les identifier et de les tuer.
Ouvert sur le fond le 6 novembre 2003, ce procès se déroule devant la deuxième chambre de première instance présidée par la juge pakistanaise Khalida Rachid Khan, assistée de deux juges ad litem (non permanents), le Kenyan Lee Gacuiga Muthoga, et le Ghanéen Emile Francis Short.
GA/KN/AT/GF/FH (GVII’’1005A)
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