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07.10.04 - TPIR/BUTARE - L'APPEL DE KAMBANDA A RESTAURER LA PAIX N'ETAIT QUE DE LA PROPAGANDE (EXPER Version imprimable Suggérer par mail

Arusha, 6 octobre 2004 (FH) - L'appel du premier ministre rwandais Jean Kambanda, prononcé le 11 avril 1994 devant tous les préfets et le gouvernement, en vue de restaurer la paix civile n'était que de la "propagande", a expliqué mercredi M. André Guichaoua, un témoin-expert français, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Menant son contre-interrogatoire depuis une dizaine de jours, l'avocate canadienne Me Nicole Bergevin a lu ce discours prononcé quatre jours après le début du génocide et dans lequel le premier ministre demande à tous les préfets d'organiser des rassemblements pour calmer les craintes et appeler les responsables locaux à ramener le calme.

Selon le sociologue français, spécialiste du Rwanda, ces déclarations ont été suivies par l'assassinat de plusieurs personnes. Puis il a expliqué qu'il était plus intéressé par le résultat du discours que par la déclaration elle-même. "Je suis en possession de déclarations faites par la même personne qui prouvent que ce discours était de la propagande, malheureusement je ne suis pas autorisé à les lire ici", a affirmé André Guichaoua.

L'accusation, pour laquelle André Guichaoua témoigne, affirme que les responsables gouvernementaux, dont Pauline Nyiramasuhuko, avaient été envoyés dans toutes les régions du pays afin de mobiliser les Hutus pour qu'ils prennent les armes contre les Tutsis.

Outre Pauline Nyiramasuhuko, ex-ministre de la famille et de la promotion féminine, son fils, Arsène Shalom Ntahobali, chef de milice, deux anciens préfets, Alphonse Ntezirayo et Sylvain Nsabimana et deux anciens maires, Elie Ndayambaje et Joseph Kanyabashi sont jugés devant cette chambre pour génocide et crimes contre l'humanité. Ils plaident non coupable.

Ce procès qui s'est ouvert le 12 Juin 2001 arrive au terme de la présentation des preuves de l'accusation. Après Me Bergevin, les autres défenseurs doivent contre-interroger M. Guichaoua. Ce procès est présidé par le juge tanzanien William Hussein Sekule, assisté de la juge malgache Arlette Ramaroson et de la juge ougandaise Solomy Balungi Bossa.

NI/PB/AT/GF/FH (BT’’1006 A)